Toutes les bêtes de la brousse se réunirent, disant qu’elles
allaient faire une grande case à cause de la pluie. Mais le lièvre
refusa de venir, disant qu’il était malade, chaque fois qu’on l’envoyait
chercher.
Cependant, on termina la case et trois jours après la pluie
commença à tomber. Le lièvre accourut au grand galop
pour s’y réfugier, mais les autres bêtes l’en chassèrent,
indignées. Le lièvre resta donc dehors, exposé à
la pluie, puis le soleil revint et toutes les bêtes se dispersèrent
dans la brousse pour aller chercher leur nourriture.
Le lièvre, de son côté, se procura une très
grosse flûte. Cinq jours après, la pluie commença à
tomber. Le lièvre arriva en courant et entra le premier dans la
case avec son instrument. Il chercha un coin où il se cacha bien.
Cependant, les autres bêtes entraient à leur tour. Quand
elles y furent toutes, le lièvre se mit à jouer de la flûte
avec violence, ce qui effraya tellement les bêtes qu’elles s’enfuiret
en s’écrasant. Dehors, cependant, elles finirent par s’arrêter
et on se demanda :
« Qu’y avait-il dans la case ?
- Je n’en sais rien, je n’en sais rien », répondaient
les bêtes.
L’éléphant ordonna alors à l’outarde d’aller voir
ce qu’il y avait. Quand l’outarde arriva, le lièvre se remit à
jouer de la flûte avec fureur et l’outarde, se sauvant, alla dire
que la chose effroyable était toujours dans la case.
L’éléphant eut alors l’idée d’envoyer le chat
qui, marchant sans bruit, pourrait arriver à la hutte sans donner
l’alarme et verrait prudemment ce qu’il y avait dedans. Le chat se cacha
au bord de la porte et entendit de nouveau le bruit, le lièvre soufflant
sans fin dans sa flûte. « Il n’y a pas moyen de rentrer, dit
le chat. La chose redoutable fait toujours du bruit. »
L’éléphant alors envoya la hyène. En approchant
de la case, celle-ci entendit du bruit et se sauva sans même aller
jusqu’à la porte : « Je suis entré dans la case,
dit-il, et la chose a voulu me donner un coup de lance. Je me suis enfui,
elle m’a poursuivi, mais n’a pas pu m’attraper. Enfin, bref, je suis sain
et sauf et me voici.
- S’il en est ainsi, dit l’éléphant, il faut abandonner
la case. N’y allons donc plus. »
De ce jour, les animaux abandonnèrent la case au grand profit
du lièvre qui en fit son lieu de refuge ordinaire pour les jours
de pluie.